v1.0.2 (239)

Le vrai fléau n'est pas la Horde.

C'est de ne plus bouger.

RunRunFar demande deux choses : 5 km de course par jour, à l'allure que tu veux, et 10 000 pas. Tout le reste — les zombies, la ville, l'assaut du dimanche — n'est qu'un prétexte pour te faire sortir.

Ce que mesurent les chiffres

Ce ne sont pas des opinions. Ce sont les relevés des organismes de santé publique, et ils vont tous dans le même sens.

  • 31 %

    des adultes dans le monde ne bougent pas assez — 1,8 milliard de personnes. La proportion a gagné 5 points entre 2010 et 2022, et l'OMS en attend 35 % en 2030.

    OMS, 2024
  • 20 à 30 %

    de risque de mourir en plus, chez ceux qui n'atteignent pas les 150 minutes d'activité modérée par semaine, comparés à ceux qui les atteignent.

    OMS, 2024
  • 1 sur 5

    En France, plus d'un adulte sur cinq passe plus de sept heures par jour assis. Et 27 % des hommes et 41 % des femmes n'atteignent pas les recommandations.

    Santé publique France, Baromètre 2021
  • 300 Md$

    de dépenses de santé entre 2020 et 2030 — environ 27 milliards par an — si l'inactivité reste à son niveau actuel.

    OMS, 2024

Ce qu'elle laisse derrière elle

L'immobilité ne se voit pas. Ses conséquences, si.

En 2024, 2,6 milliards d'adultes étaient en surpoids dans le monde — 45 %, contre 25 % en 1990. 940 millions vivaient avec l'obésité. Chez les 5-19 ans, l'obésité est passée de 2 % en 1990 à 8 % en 2024 : elle a quadruplé en une génération. Un indice de masse corporelle trop élevé a causé 3,7 millions de morts en 2023, par maladies cardiovasculaires, diabète et cancers.

Mais le poids n'est pas le problème à résoudre : c'est un symptôme parmi d'autres. Ce qui se soigne, c'est l'immobilité — et elle se soigne même quand l'aiguille de la balance ne bouge pas. Les travaux ci-dessous mesurent tous l'effet de bouger, pas celui de maigrir. On ne te demande pas de peser autre chose. On te demande de sortir.

Nos deux demandes

5 km de course par jour, à l'allure que tu veux

C'est le « que tu veux » qui compte. Sur 55 137 adultes suivis quinze ans, les coureurs avaient 30 % de risque de mourir en moins, 45 % de moins pour les causes cardiovasculaires, et vivaient en moyenne trois ans de plus. Le bénéfice était déjà là chez ceux qui couraient moins de 51 minutes par semaine, et chez ceux qui couraient plus lentement que 9,7 km/h.

Une méta-analyse portant sur 232 149 participants va plus loin : 27 % de mortalité toutes causes en moins, 30 % pour le cœur, 23 % pour les cancers — et aucune relation dose-réponse. Courir plus vite, plus longtemps ou plus souvent ne protégeait pas davantage. Les auteurs concluent en une phrase : courir une fois par semaine vaut mieux que ne pas courir.

Soyons honnêtes : aucune étude ne dit « 5 km par jour ». Le bénéfice démarre bien en dessous. Si on demande 5 km, c'est parce qu'un rendez-vous quotidien tient mieux qu'une bonne résolution, pas parce que c'est un seuil médical. Trois kilomètres en marchant vite, c'est déjà gagné.

10 000 pas par jour

Sur 15 cohortes et 47 471 adultes, le quart qui marchait le plus avait 53 % de risque de mourir en moins que le quart qui marchait le moins (risque relatif 0,47). Entre les deux, tout est progressif : le simple fait de passer du quart le plus sédentaire au suivant faisait déjà tomber le risque de 40 %.

Soyons honnêtes là aussi : les 10 000 pas ne viennent d'aucune étude. C'est le nom d'un podomètre japonais des années 1960, le manpo-kei — « le compteur à 10 000 pas ». Le chiffre est resté parce qu'il est rond. Ce que montrent les données, c'est que le bénéfice plafonne autour de 6 000 à 8 000 pas après 60 ans et de 8 000 à 10 000 avant. Autrement dit : l'essentiel est acquis bien avant d'arriver au compte. Le but n'est pas d'atteindre 10 000 — c'est de ne pas rester à 3 000.

Alors pourquoi des zombies ?

Parce que savoir ne suffit pas.

Tout le monde sait qu'il faut bouger. Et 1,8 milliard de personnes ne le font pas. L'information n'a jamais fait sortir personne : les campagnes de santé publique répètent les mêmes chiffres depuis vingt ans, et la courbe de l'inactivité monte toujours.

Un jeu, lui, fait sortir. Quand Pokémon Go est sorti, une étude sur 31 793 porteurs de bracelet d'activité a mesuré +1 473 pas par jour chez les joueurs engagés — soit 26 % de plus qu'avant. Mais elle a mesuré autre chose, de plus intéressant encore : l'effet retombait au bout de trois à quatre semaines. Sauf chez les joueurs les plus engagés, qui restaient au-dessus de leur niveau de départ.

C'est toute la leçon, et c'est le problème que RunRunFar essaie de résoudre. Attraper des créatures tout seul, on s'en lasse. Alors ici, tu ne cours pas pour toi : tu cours pour ta commune, celle où tu habites vraiment, avec les voisins qui s'y sont inscrits. Les zombies avancent de 5 km par jour et par habitant, qu'on coure ou non. Et dimanche à 21 h, ils attaquent. Si personne n'a couru, la ville perd quelque chose.

Rater sa séance, c'est facile. Laisser tomber les autres, beaucoup moins.

Tout ceci n'est qu'un leurre. On n'a jamais voulu sauver une ville imaginaire : on veut te faire sortir.

On commence quand ?

Ta commune est déjà dans le jeu — les 34 875 communes de France y sont. Si personne ne la défend, elle est infestée de zombies.

Ceci n'est pas un avis médical. Cette page résume des travaux publiés ; elle ne remplace pas un médecin. Si tu as un problème de santé connu, si tu reprends après une longue interruption, ou si tu n'as rien fait depuis des années, parles-en à ton médecin avant de te lancer — et commence par marcher. L'intérêt de ces deux demandes, c'est justement qu'elles se satisfont à n'importe quelle allure.

Les sources

  1. Organisation mondiale de la santé, Physical activity, aide-mémoire mis à jour en 2024 — prévalence de l'inactivité, surrisque de décès, coût pour les systèmes de santé.
  2. Organisation mondiale de la santé, Obesity and overweight, aide-mémoire 2025 — surpoids et obésité dans le monde, décès attribuables à un IMC élevé.
  3. Santé publique France, Prévalences nationales et régionales de l'activité physique et de la sédentarité, BEH 2024 — Baromètre 2021.
  4. Lee D-C et al., Leisure-time running reduces all-cause and cardiovascular mortality risk, J Am Coll Cardiol 2014 — 55 137 adultes, 15 ans de suivi.
  5. Pedisic Z et al., Is running associated with a lower risk of all-cause, cardiovascular and cancer mortality, and is the more the better?, Br J Sports Med 2020 — méta-analyse, 232 149 participants.
  6. Paluch AE et al., Daily steps and all-cause mortality: a meta-analysis of 15 international cohorts, Lancet Public Health 2022 — 47 471 adultes.
  7. Althoff T et al., Influence of Pokémon Go on physical activity, J Med Internet Res 2016 — 31 793 porteurs de bracelet d'activité.